Un colis de filets « de 5 kg » ne pèse jamais 5 kg. Il pèse 4,86 kg, 5,12 kg ou 5,03 kg. Tant que l’on vend à la pièce ou au colis et que l’on facture au kilo, cet écart existe sur chaque ligne de commande. C’est ce qu’on appelle le poids variable, ou catch weight en anglais. Cet article explique ce que recouvre la notion, pourquoi la gérer « à la moyenne » coûte de l’argent, et ce qu’un ERP doit savoir faire pour la traiter proprement.
Poids variable : définition
Un produit est à poids variable lorsque son poids réel diffère d’une unité à l’autre et que son prix dépend de ce poids. On le manipule dans une unité logistique (la pièce, le colis, la caisse, la bourriche) mais on le valorise dans une unité de poids, le kilo. Les éditeurs anglo-saxons parlent de catch weight ; en français on rencontre aussi « poids réel », « poids constaté » ou « gestion en double unité ». Tous ces termes désignent la même réalité.
- check_circleMarée : poissons entiers, filets, pavés, coquillages et crustacés
- check_circleViande : carcasses, quartiers, pièces de découpe, volailles entières
- check_circleFromagerie : meules, tommes et fromages vendus à la coupe
- check_circleCharcuterie : jambons entiers, pièces à trancher
- check_circleFruits et légumes : colis dont le poids net varie selon le calibre et la saison
Pourquoi facturer au poids moyen coûte cher
La solution de facilité consiste à appliquer un poids nominal à tous les colis d’une même référence. C’est simple à saisir, mais quelqu’un y perd à chaque fois : le vendeur quand le colis est plus lourd que prévu, le client quand il est plus léger.
40 colis de filets de saumon vendus 18 €/kg, pour un poids nominal de 5 kg. Si le poids réel moyen est de 5,12 kg, 4,8 kg partent sans être facturés : 86,40 € de marge perdue sur une seule commande. Si le poids réel est inférieur au nominal, c’est le client qui paie trop cher, et il finit toujours par le remarquer.
Pour éviter les réclamations, certaines entreprises surchargent volontairement leurs colis. Cette marge de sécurité est une remise invisible, accordée à tous les clients, tous les jours. L’autre conséquence est administrative : factures corrigées à la main, avoirs, appels de clients qui contestent un montant. Le temps passé à rectifier ne se voit dans aucun tableau de bord, mais il est bien payé.
Les quatre moments où le poids variable se joue
Ce qu’un ERP doit savoir faire
- check_circleGérer chaque produit dans deux unités à la fois : unité de commande et unité de facturation
- check_circleAfficher un prix provisoire à la commande, calculé sur le poids estimé
- check_circleCapter le poids réel à la pesée, par saisie ou depuis une balance
- check_circleRecalculer automatiquement le bon de livraison et la facture, sans ressaisie
- check_circleAppliquer une tolérance paramétrable par produit pour signaler les écarts anormaux
- check_circleConserver l’historique des écarts par produit, par client et par fournisseur
- check_circleImprimer le poids réel sur l’étiquette et sur les documents remis au client
Comment Synexus traite le poids variable dans Odoo
Odoo gère nativement les unités de mesure et leurs conversions, mais il part du principe que la quantité livrée est la quantité commandée. Dans le négoce alimentaire, ce n’est presque jamais vrai. Le module Poids Variables de Synexus ajoute ce qui manque : poids estimé et prix provisoire à la commande, saisie du poids réel à l’expédition, recalcul automatique du bon de livraison et de la facture au gramme près, tolérance par produit et historique des écarts.
Ce module tourne en production, tous les jours, chez Brest Marée et Louis & Georges, sur l’ensemble du catalogue. Il fonctionne avec les conditionnements multiples : un même produit peut se commander au kilo, à la pièce, à la caisse ou à la bourriche, et se facturer dans l’unité prévue au contrat.
La tolérance : accepter l’écart normal, repérer l’écart anormal
Un écart de 2 % entre le poids estimé et le poids pesé est normal. Un écart de 30 % signale une erreur de préparation, de saisie ou de produit. En fixant une tolérance par produit (par exemple ±5 %), l’ERP laisse passer les écarts courants et arrête la ligne quand le poids sort de la fourchette. Le préparateur corrige avant le départ du camion, pas après la réclamation du client.
Questions fréquentes sur le poids variable
helpQuelle est la différence entre un produit à poids fixe et un produit à poids variable ?
Un produit à poids fixe a le même poids d’une unité à l’autre : une boîte de 400 g, un sachet de 1 kg. On peut le vendre et le facturer à l’unité. Un produit à poids variable change de poids à chaque pièce ou à chaque colis, et son prix se calcule sur le poids réellement livré.
helpCatch weight, poids variable, double unité : est-ce la même chose ?
Oui. Catch weight est le terme anglais utilisé par les éditeurs d’ERP ; poids variable est son équivalent français. La double unité désigne la façon dont l’ERP le gère : une unité pour commander et stocker, une unité de poids pour valoriser et facturer.
helpOdoo gère-t-il le poids variable en standard ?
Odoo gère les unités de mesure et les conversions entre unités, mais pas le recalcul automatique de la facture à partir d’un poids pesé différent du poids commandé. C’est le rôle d’un module métier comme le module Poids Variables de Synexus.
helpFaut-il une balance connectée pour gérer le poids variable ?
Non. Le poids réel peut être saisi à la main au moment de la préparation. La connexion à une balance évite cette saisie ; sa faisabilité dépend du modèle et se vérifie sur votre matériel.
helpLe poids variable concerne-t-il aussi la vente en ligne ?
Oui. Sur un portail B2B ou une boutique en ligne, le client voit un prix estimé au moment de la commande, et la facture est établie sur le poids réellement préparé. Le principe est le même que pour une commande prise au téléphone.
"Le poids variable n’est pas une exception à gérer à la main : dans le frais, c’est la règle. Un ERP qui ne le traite pas nativement oblige quelqu’un à refaire le calcul tous les jours."
Par Synexus